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Son
parcours rappelle à la fois certains coins de Provence par la
présence des volets, des bougainvilliers, ou de certains thèmes qui
rappellent les lieux. Mais ce n’est que subterfuge pour donner à la
lumière toutes les chaleurs qu’elle peut faire éclore et tous les
jeux d’ombre qu’elle imprime sur son passage. Potées de géraniums,
allées de fleurs, mordorés des eaux calmes : ce sont des
ponctuations de couleurs vives pour la mise en place d’un étal
lumineux qui se couvrira d’une ombre portée, juste ce qu’il faut, là
où il faut pour que l’on esquisse un sourire.
La
provocation par la subtilité, la note bleue comme l’aurait dit
Chopin, le dosage – impression qui dit plus vrai que toutes les
reproductions du réel … plus vrai parce qu’il tient compte de la
sensation : cet espace étrange qui conjugue et ce que l’on voit, et
ce que l’on est, et ce que l’on pressent … et ce que l’on vit.
C’est ça la force de la peinture de Bertounesque. Elle fait naître
le rêve, le souvenir, l’anecdote, dans des pans de vie découpés à
même des sentiers bordés de fleurs, des maisons à volets ouverts ou
un simple bouquet de lilas posé là par une main avisée dans un vase
de verre.
Comme le dit si bien l’artiste, ce qui est difficile dans une œuvre,
c’est trouver l’idée qui la fera naître. Bien sûr, certains sujets
l’inspirent et ils lui servent de point de départ pour une création,
mais seulement de point de départ; l’imaginaire fait tout le reste.
Son
atelier? Un coin en retrait, isolé, où ne se rendent pas les bruits
de la maison, puis un espace un peu restreint. Les fenêtres y ont
été calfeutrées. Un chevalet, des tubes de peinture, évidemment,
puis une simili-tablette sur laquelle s’érigent des couleurs qui, au
fil du temps, deviennent des stalagmites lumineuses témoins du
périple imaginaire de l’auteur! Mais où prend-il sa lumière cet
homme! Au fil des conversations, j’ai bien compris qu’il la prenait
d’abord au-dedans de lui-même. Bien sûr, elle lui est apparue au
grand jour comme à nous tous, mais lui, il en a fait son premier
sujet d’observation. Il sait reconnaître sa présence à tout instant
et c’est son amour infini pour elle et ses mille caprices qu’il nous
livre dans ses œuvres.
C’est enchantement de l’entendre nous parler d’elle avec fougue et
vivacité. Il la connaît et la guette comme s’il savait que, mal
aimée et mal comprise, elle pourrait lui jouer de vilains tours.
L’imaginaire de cet artiste est fécond. Doté d’une mémoire
phénoménale et d’une culture exceptionnelle dont il ne fait jamais
étalage, Bertounesque fascine et ravit à la fois par sa verve et son
immense besoin de silence. Sur la toile, le geste est rapide, sûr,
efficace et terriblement incisif : il faut faire vite et bien quand
on travaille à l’acrylique. Les longues années d’expérience aidant,
de la toile naissent formes et couleurs dont on sent en filigrane la
connaissance approfondie du monde qu’il peint et des réalités qu’il
dépeint. Cet artiste peut encore et toujours nous étonner! Il sait
créer des moments où chacun y trouve sa vérité.
Il
sait apaiser bien que souvent tourmenté. Il sait traduire en
couleurs les moments fugitifs de la vie pour mieux donner l’illusion
d’éternité. Il sait inspirer le sentiment le plus précieux : la
liberté. Il
sait …
She is without doubt, the main character in
his paintings.
She sits upon
stones or climbs stairs, she hides within the vistas or flows on a
seagoing wave, as she gently rocks or spreads out across the
mountains. She waits for us at roads end and gazes upon an alley.
Light, ever present and always hailed.
Always in search
of that brief moment where light meets shadow, Andre Bertounesque
creates, invents pretences for her timely rendezvous! As she never
misses one.
His paintings
let us abandon our selves in his enchanting representations. We
listen to his stories, and gaze within a world where warmth and
life’s tenderness recall an exquisite time.
For the
sedentary man that he has become, it is an invitation to a voyage.
It is he that maps out a route and it is with bewilderment that we
follow him.
By the mere
presence of reoccurring themes, of shutters and bougainvilleas, his
course brings him in certain areas of
Provence.
It is but a subterfuge, he gives light all the warmth she can muster
and all the shadow effects she leaves in her wake. Punctuations of
vibrant colors; potted geraniums, rows of flowers and calm golden
waters lead to a splash of light covered by shadow. Just what is
needed where it’s needed to give us a smile.
Provocation by
subtleties “La note bleue” as Chopin would say. It’s all a matter of
right proportions; a truthful impression of what is better than any
reality … truthful because it accounts for sensation: that space
that conjoins what we see, what we are, what we feel and what we are
living.
That is the
strength of Bertounesque’s paintings. It brings about dreams,
memories, anecdotes, and patches of life cut amongst the flower
edged pathways, homes with open shutters or a simple bouquet of
lilacs drawn within a glass vase by a wise hand.
As Bertounesque
would say; “What is most difficult in a painting, is to find the
idea that will make it spring forth”. Of course, certain subjects
inspire him at the creative starting point and only the starting
point; imagination does the rest.
His studio? A
hidden nook isolated of all homely noises. All windows have been
caulked and sealed. An easel, tubes of paint of course and somewhat
of a shelf where erected colors have created luminous stalagmites
which bear witness to the author’s imaginary journey.
Where does this
man get his light! He gets it as the conversations drift by; I
understood she came from within him. Of course, she appeared to him
in broad daylight as with all of us but he made her his first and
very own. He feels her presence at all times, it is his boundless
love for light and her many quarks that we see in his paintings.
It is with
liveliness and spirit that he speaks of her with enchantment. He
knows her and watches her, as if knowing if misused or
misunderstood, she could betray him.
His fertile
imagination, gifted memory combined with his exceptional culture,
make him fascinating yet humble. He delights us with his verve and
his great need for silence. On his canvas, his rapid movement,
self-confidence, efficiency and incisiveness assuredly stem from his
many years of experience: “You must be fast when you work with
acrylic” he says. From his canvas, forms and colors are born, giving
us a hint of his great knowledge of the world he paints and the
realities he depicts. This artist can still and always surprise us!
He creates moments where everyone finds his own truth.
Soothing yet
often tormented, He knows how to translate life’s fleeting moments
into color as if to better give the illusion of eternity. He knows
how to inspire the most precious of feelings: freedom, he knows…
Solange LeBel
Translation : Stefano DePalo |