|
Gilles Labranche a commencé à peindre son quartier de
Saint-Henri puis différents quartiers de Montréal, pour ensuite
s'ouvrir aux autres villes et aux régions du Québec. Il a fait de
la peinture abstraite et de la peinture naïve. "Je ne veux pas
m'accrocher et être identifié comme le peintre qui a peint la même
chose de la même manière. J'aime découvrir de nouvelles
sensations. Je ne veux pas me contrôler."
Gilles Labranche a longtemps été reconnu comme le peintre de
l'hiver. Il a peint des tempêtes de neige, un mélange de douceur et
de violence, le vent qui souffle la neige qui tombe et des passants
aux prises avec les éléments qui tentent tant bien que mal de se
rendre à leur destination. "Les gens aimaient mes tableaux, ils en
redemandaient. Il y avait une grande force dans les tempêtes de
neige que je peignais mais il y avait aussi une certaine douceur.
Les gens se voyaient dans mes tableaux, c'est pour cela qu'ils les
achetaient. En fait, c'est eux-même qu'ils découvraient sur mes
toiles."
Il ne
peint plus des scènes d'hiver. Il fait maintenant des façades de
maison, de magasin, de restaurant et de boutiques, des terrasses de
café. Ces tableaux sont d'une grande précision. Ils montrent des
maisons de briques et de pierres, baignées dans une lumière qui fait
ressortir les couleurs chaudes, chatoyantes qui rappellent celles
qu'on retrouve dans la nature à l'automne. Au milieu de cette
lumière, Gilles Labranche fait littéralement vibrer la brique, la
pierre, le bois des fenêtres et des portes en jouant avec les ombres
pour donner de la profondeur, du relief. "Présentement, je joue
beaucoup avec les ombres et les lumières. Je peins des atmosphères
et les sensations que me donnent la pierre et la brique."
Dans
ses tableaux, il recrée l'atmosphère qu'on retrouve le matin dans
les vieux quartiers lorsque tout le monde dort encore et que les
rues sont désertes. Il saisit ce moment unique où le temps suspend
son vol avant que la ville ne s'éveille. Il peint la ville en
microcosme et même si pour lui, chaque maison contribue à tisser le
milieu urbain, elle n'en demeure pas moins unique. Et c'est ce
caractère unique qu'il cherche à coucher sur ses toiles. Il
s'attarde à faire ressortir les caractéristiques de ces maisons qui
sont en fait le reflet des personnes qui les habitent.
Gilles Labranche se définit lui-même comme un solitaire qui
n'éprouve pas beaucoup le besoin de rencontrer les gens. En dehors
de sa petite famille, l'univers de Gilles Labranche pourrait très
bien se cantonner à son atelier qu'il ne quitterait que pour mieux
croquer les images de la ville dont il a besoin pour peindre ses
toiles. Solitaire ou pas, et même s'il peint pour lui-même, c'est
quand même avec ses toiles qu'il communique avec le monde
extérieur. C'est là qu'il s'exprime le mieux et qu'il parvient à
communiquer sa vision du monde. Ce monde de mouvement, de couleurs
automnales, de lumières et d'ombres, il éprouve un besoin impérieux
de le partager avec les autres. Certains le font avec l'écriture.
Gilles Labranche le fait avec la poésie des atmosphères colorées de
ses tableaux.
Hugues de Roussan
Journaliste
Unlike some, who
take years to decide what they want to do in life, Gilles Labranche
always knew he wanted to paint. He doesn't remember when he first
started painting, but he thinks he must have been around five years
old. He used to draw and paint on anything he could find, even once
cutting up some curtain material to use as canvasses, much to the
dismay of his grandmother, in whose house he was living at the time.
At
the age of ten, he walked into an art store and asked the sale
clerk, "I want to paint. What do I need?" He came out, arms loaded
with brushes and canvasses. Gilles Labranche has been painting ever
since, except for a brief period in his early twenties when he had
to resort to working for a living.
Gilles Labranche paints for himself first and foremost. "I don't
give workshops. I paint for myself. When I sold my first painting,
I had already been painting for some twenty years. For me, painting
is primarily a means of exploration and self-discovery."
Gilles Labranche is driven by impulse. Like a miner excavating a
new shaft, he explores a particular style or approach until he has
exhausted all its creative and expressive possibilities. At that
point, he moves to something else. He started by painting his own
neighbourhood of Saint-Henri, then other areas of Montreal, before
expanding his horizons to include other regions and towns in
Quebec. He paints in an abstract as well as a naive style. "I
don't want to get suck in a rut. I don't want to be known as an
artist who spent his whole life painting the same style. I like to
explore new sensations. I don't want to limit myself."
Gilles Labranche has long been recognized as a winter painter. He
used to paint snowstorms, with their mixture of violence and
peacefulness - the howling wind, the falling snow, the pedestrians
battling the elements as they struggle to reach their destination.
"People loved my scenes and kept asking for more. There was
enormous power in those snowstorms I painted, but also a certain
amount of peace. People saw themselves in my paintings. That's why
they bought them. They recognized themselves in my canvasses."
He no
longer paints winter scenes. Now he paints exteriors and facades -
houses, stores, restaurants, boutiques, sidewalk cafes. His
paintings are extremely precise. His brick and stone houses are
bathed in a shimmering light that brings out the warm colours
associated with nature in the fall. Under the glow of this light,
Gilles Labranche makes the brick and stone, even the wood of the
windows and doors, literally vibrate by playing with shadows to give
depth and relief. "Right now I play a lot with shadows and light.
I paint the atmosphere and feelings that the stone and brick evoke."
In
his paintings, he recreates the early morning atmosphere of
inner-city neighbourhoods, when everyone is still sleeping and the
streets are desert. He seems to capture that brief and unique
moment when time is microcosm and even though each house contributes
to the overall urban scene, none loses its individuality. And it is
just this uniqueness that he attempts to capture on canvas. He
takes great pains to reveal the singular characteristics of these
houses which are in effect a reflection of their inhabitants.
Gilles Labranche describes himself as a loner who rarely feels the
need to mingle with others. Outside of his immediate family, his
world might well be defined by his studio which he leaves only to
sketch those images of the city he needs to paint his canvasses.
Loner or not, and even though he paints primarily for himself most
eloquently and communicates his vision of the world - a world of
movement, autumnal colours, light and shadow, that he feels
compelled to share with others. Some express themselves through
writing. Gilles Labranche creates his own poetry in the colourful
atmosphere of his paintings.
Hugues de Roussan
Journalist |