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En amant de la nature, ce
retour aux sources l’inspire. Il explore les moindres recoins de la
région son carnet de croquis dans la poche. À l’exemple de Tom
Thomson ou de Clarence Gagnon qu’il admire, il aime travailler à
l’extérieur reproduisant en toute spontanéité des scènes de la
nature et du terroir.
Mais, pour cet artiste au
sommet de sa carrière, avant d’atteindre la tranquille sérénité
d’aujourd’hui, la route n’a pas toujours été facile. Cependant la
ténacité, l’effort et la volonté de réussir viendront à bout de bien
des embûches.
D’abord l’époque joue
contre lui. Né en 1942, il est d’une génération où devenir peintre
n’est pas bien vu, surtout dans la famille d’un médecin. N’étant pas
du genre à se défiler, il va jusqu’à entreprendre ses études en
médecine. Il relate qu’il met parfois ses talents à profit en
traçant pour ses compagnons leurs dessins pour les travaux de
biologie. Mais il n’est guère heureux. Il abandonne ses études et
travaille pour un cousin qui réalise des toiles bon marché vendues
chez les marchands de meubles comme éléments de décoration. C’est
une dure école dont il a su retenir des leçons: par exemple, cette
rapidité d’exécution qui lui sert encore aujourd’hui quand, dehors
par temps froid, il lui faut saisir dans une ébauche les éléments
essentiels d’un paysage.
Au cours des années 70,
il commence à peindre ses propres œuvres. Il n’est donc pas rare que
ses journées s’étalent sur 16 ou 18 heures: travail le jour,
création le soir. Comme il se qualifie de travailleur et de bûcheur,
ceci ne le rebute pas; il ouvre même des galeries d’art dans les
centres d’achats.
Il se rend vite compte
qu’il ne peut faire du commerce et peindre en même temps. Il vend
les galeries à son ami, le regretté Denis Beauchamp. Ce dernier
fondera ensuite Multi Art, agence à laquelle Claude Langevin sera
parmi les premiers à confier la vente de ses toiles.
Ses expériences l’ayant
amené à utiliser plusieurs techniques, il est cependant depuis
longtemps revenu aux couleurs à l’huile appliquées au pinceau. Il se
consacre aussi essentiellement aux paysages car il craint que ne
pouvoir rendre aussi bien ce qu’il souhaite en abordant des sujets
différents. «On ne peut être bon dans tout, dit-il.»
Évidemment je mets en
doute ses paroles et je suis sûr qu’il ferait tout aussi bien dans
le portrait ou dans la nature morte; mais ce que je devine, c’est
que Claude Langevin est quelqu’un qui se voit difficilement enfermé
dans un atelier à peindre des natures mortes. Il lui faut de l’air,
de l’espace. Aussi, je ne suis pas surpris de l’entendre dire: «Il
faut aller peindre dehors. La nature ne trompe pas. Rien ne jure
dans la nature, peu importe la saison. Couleurs, teintes, nuances,
toute la palette y passe. Peindre sur place, c’est la façon la plus
fidèle de rendre compte de la beauté qui nous entoure.»
Claude Langevin est un
artiste en pleine possession de ses moyens, sûr de lui, heureux de
la voie qu’il a suivie. Son expérience lui permet de dire: «Avec le
temps, on apprend à interpréter ce qu’on voit, à l’épurer pour ne
conserver que ce qu’on aime tant dans la structure que dans les
couleurs. On apprend à profiter de ce moment magique qui nous dit
que tout est réuni pour faire une bonne toile. Attendre ou revenir
plus tard ne donnera pas le même résultat.»
Vous ne manquerez pas de
percevoir dans les toiles de Claude Langevin une part de cette
quiétude que lui apportent la proximité de l’eau, la présence de ses
chats et surtout la fidélité soutenue de ses vieux amis retrouvés
dans son cher village.
Michel Beauchamp,
octobre 2004
When Claude Langevin
explained to me the way to his home, Reggiani’s words came to mind:
“you continue strait ahead/ up to a golden river/ Which is named
la Loire/ sand-colored
eyes/ you take it by the left side/ then a right, and then strait
ahead/ and when you’re there/ When you’re there/ Just ask for the
house/ everyone knows us/ You can’t go wrong.”
The river does not
bear the same name, it is called
Noire like the lake. I
therefore met a man who wants, as a singer would, he wishes to
express himself by his paintings and proclaim his affection for his
land and his people.
We can feel the long
since unfailing connection between Claude Langevin and
Saint-Jean-de-Matha. Yet this artist has traveled a great deal
throughout this planet, having lived elsewhere in a quest for places
to paint, the roads always lead him back to his native land.
A true nature lover,
he is inspired when he returns to his roots. Sketchpad in hand, he
explores the regions’ every nook and cranny. Following in the
footsteps of admired artists such as Tom Thompson or Clarence
Gagnon, he loves to work outside, spontaneously reproducing scenes
of nature and his native land.
Before attaining
today’s tranquil serenity and pinnacle career, the road ahead was
not always easy. Nevertheless, his persistence, effort and will to
succeed will overcome many pitfalls.
From the outset, the
era is against him. Born in 1942, he is from a generation where
becoming a painter is not very well seen, especially when coming
from a doctors family. Not being one to duck out of it, he goes so
far as undertaking medical school. He recounts that he sometimes
used his talents to good account by sketching his companions biology
home works. But he was hardly happy. He withdraws from his studies
and works for a cousin producing low cost decorative paintings for
furniture merchants. Having learned the hard way, he has retained a
rapid execution to this day, very useful when outside in cold
weather, where he must quickly seize the essential elements of a
landscape.
During the 1970’s, he
begins to paint his own paintings. Working by day and creating by
night, it was not rare to have 16 or 18 hour days. Considering
himself a hard worker, he is not deterred; he even goes as far as
opening art galleries in shopping malls.
He quickly notices he
cannot paint and run a business at the same time. He sells his
galleries to his departed friend Denis Beauchamp. The latter having
founded Multi Art, the agency which Claude Langevin is amongst the
first to entrust the sale of his paintings.
His experiments
having brought him the use of many techniques, nevertheless he has
long since returned to brush applied oil colors. He is essentially
dedicated to landscapes fearing not being able to render as well as
he would with other subjects. Stating: “We can’t be good at
everything”.
I doubt his words of
course, I’m sure he would do just as well in portraits or still
life. From what I can gather, Claude Langevin can hardly see himself
as a recluse still life painter. He needs air and space.
Consequently, it does not surprise me to hear him say: “ One must go
outside. Nature does not deceive. Nothing clashes in nature, no
matter what the season. Colors, tints, nuances, the whole palette is
used. Painting on the spot is still the most faithful way to judge
the beauty which surrounds us”.
His powers at their
peak, Claude Langevin is self confident and content of the course he
has taken. His experience permits him to say: “With time, we learn
to interpret what we see, to refine it and preserve what we like
most in the structure as well as in the colors. We learn to make the
most of this magic moment when everything comes together to make a
good painting. To wait or to come back later will not give the same
result.”
His proximity to
water, the presence of his cats and above all his faithful old
friends in his dear village, all contribute to the tranquility and
peace of mind in Claude Langevin’s paintings.
Michel
Beauchamp, October 2004 |