|
Tel
l’ajonc, la bruyère et le gui, ses racines rejoignent cette terre de
Bretagne bercée par la mer, fouettée par le vent. Cette série
Bretonne surgit du fond des âges vers l’infini sans frontière pour
faire découvrir au spectateur le coin de pays de ses origines. On
retrouve dans ces toiles de petites maisons blanches de Bretagne aux
toits d’ardoise qui sont poussées par le vent face à un paysage rude
qui les isole dans un petit monde à part.
D’une simplicité minimale, elle recherche un retour aux sources et
espère que l’observateur Québécois retrouvera un peu de sa terre
d’origine. Peut-être un peu de cette Nouvelle France, des rives du
St Laurent, de la nature d’un Québec sauvage ou d’une colonisation
oubliée dans l’espace temps.
Elle travaille sur deux ou trois collections différentes à la fois
étalées sur quelques années. Ceci lui permet d’alterner ses sujets
sans toutefois se perdre dans trop de thèmes en même temps.
L’artiste diversifie l’étendue de ses œuvres en créant ainsi la
possibilité d’atteindre plus facilement les passionnés d’art dans
les divers sujets qui les touchent.
Sa
technique de travail restant essentiellement la même d’une
collection à l’autre, on peut facilement reconnaître son style dans
l’ensemble de son travail et y sentir une continuité harmonieuse.
Sa
collection Peuple Vert a vu le jour en 2009. Ici encore, un seul
sujet prend toute l’importance de la toile, l’arbre. Un hommage à ce
grand peuple vert qui se bat contre l’environnement que nous
polluons. Elle le travaille seul sans paysage dans un contexte
moderne où toutes les couleurs sont possibles. Jouant sur tous les
formats pour lui donner corps, elle ajoute parfois aux toiles de
grandes dimensions un ou deux personnage miniatures à l’ombre de
l’arbre donnant à celui-ci l’impression d’être gigantesque dans ses
proportions.
Sa
collection Villes du Monde est nouvelle de 2010. Cette série de
villes du monde lui donnera la liberté de creuser un peu dans chaque
culture, de descendre dans le ‘’under world urbain’’ autant que de
remonter le passé et ses traditions. L’artiste prévoit plusieurs
voyages virtuels où elle se plongera dans la découverte d’une
nouvelle ville à chaque tableau. Son coup de pinceau se fera guide
touristique, souvenir d’un voyage ou bien peut-être aussi fierté
culturelle pour certain.
Sa
collection de tauromachie fût le coup de départ pour l’artiste.
Pendant des années elle fût fidèle qu’à un seul sujet. Les premiers
pas de la bête se sont font sur la toile, saccadés, fougueux, prêt à
se battre tout comme elle, pinceaux et truelles en main pour donner
son spectacle. Ils l’ont accompagnée durant les douze dernières
années. Pour connaître l’animal, sa silhouette, ses faiblesses et
ses forces, elle l’imagine en silence, s’en imprègne mentalement,
lui porte son respect. Ce qu’elle cherche à saisir dans son œuvre,
c’est le mouvement qui suggère que l’animal est fort, qu’il est en
train de séduire pour mieux attaquer.
La
collection a évolué, passant du taureau au matador, touchant
quelques fois aux danseuses de flamenco mais elle toutefois la
corrida et l’Espagne sont toujours restée à la base de son
inspiration. Elle peint des taureaux et continuera à les peindre
pour la force qu’il s’en dégage et ce qu’ils réveillent en nous
quand on leur fait face.
Pour une raison inconnue, le taureau a gagné son cœur à travers les
années. L’artiste a trouvé sa place dans la corrida, au centre d’une
arène, au pied d’un taureau, au son d’un froissement de cape qui l’a
fait virevolter dans mille et une couleurs. Ce jeu entre l’homme et
la bête lui ressemble comme l’artiste qui fait face à son propre
talent.
Elle est à la fois le taureau qui se bat pour la liberté et le
Matador maître de vie ou mort sur chaque passe qui le mènera à sa
gloire ou bien à sa dernière heure.
Ces
toiles sont un hommage à ces hommes et ces bêtes qui ont le courage
d’avoir peur.
Elle se décrit comme une peintre volcanique qui extériorise dans la
spontanéité du moment toute l’énergie de sa personnalité qui
ressemble étrangement au sujet même de ses toiles. Son travail est
rapide et spontané, elle projette ses couleurs sur la toile, la
soumet à ses caprices d’artiste pour mieux s’incliner face à l’œuvre
au moment de sa finalité. Lydie Le Gall se dit instinctive. Cela se
voit. Cela se ressent au premier coup d’œil. Ses œuvres en disent
probablement plus long sur elle-même que l’artiste ne désire en
dévoiler. La passion prend toute la place dans sa vie et c’est
l’essentiel même de l’art.
Ces
artistes qui ont pour vocation de créer cultivent en eux la poésie
du silence intérieur. L’esthétique, selon elle, est insaisissable
autrement que par le sentiment né d’un tourbillon de nos cinq sens
et la peinture est aussi, par analogie, l’empreinte d’une vision.
Équilibre délicat auquel participe le spectateur puisque sans son
regard l’œuvre d’art n’existerait pas. Dans le labyrinthe du monde
des formes, les peintres sont nos guides.
Sans eux, nos regards seraient aveugles.
|