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Native et ayant grandi au Québec, Canada, Lydie Le Gall a passé la plupart de ses étés d’enfance en Bretagne près d’un petit village appelé Pont-Aven où le célèbre peintre Paul Gauguin avait établi son école d’art

Elle a fait l’école buissonnière à l’école des Beaux-arts et se considère autodidacte. L’artiste a préféré explorer par soi-même de nouveaux matériaux et méthodes d’application en développant son propre style. Les couleurs qu’elle utilise sont une gamme de teintes de terre ; les bruns brûlés, les bronzes et le noir. Elle utilise de l’or brillant et les bleus de mer et les rouges flamboyants pour donner de l’ampleur qui fait ressortir l’émotion pure et l’énergie.

Elle travaille sur des canevas de tous formats et texture le fond de ses toiles en utilisant un empâtement qui la forcera à travailler avec la rudesse de la surface. C’est une étape qu’elle s’impose pour rendre chaque toile unique. Certaine de ses toiles sont finis par l’application d’un vernis très brillant qui donne vie et éclat aux couleurs et garde l’illusion que la peinture n’est  pas encore sèche. On peut admirer l’effet de ce vernis en particulier sur la collection Brittania. Cette transparence nous rappelle d’ailleurs les vagues de la mer déchaînée, la bruine d’un petit matin, orages, tempêtes et brouillard, la lande Bretonne sous les caprices de la nature.

 

Tel l’ajonc, la bruyère et le gui, ses racines rejoignent cette terre de Bretagne bercée par la mer, fouettée par le vent. Cette série Bretonne surgit du fond des âges vers l’infini sans frontière pour faire découvrir au spectateur le coin de pays de ses origines. On retrouve dans ces toiles de petites maisons blanches de Bretagne aux toits d’ardoise qui sont poussées par le vent face à un paysage rude qui les isole dans un petit monde à part.

D’une simplicité minimale, elle recherche un retour aux sources et espère que l’observateur Québécois retrouvera un peu de sa terre d’origine. Peut-être un peu de cette Nouvelle France, des rives du St Laurent, de la nature d’un Québec sauvage ou d’une colonisation oubliée dans l’espace temps.

Elle travaille sur deux ou trois collections différentes à la fois étalées sur quelques années. Ceci lui permet d’alterner ses sujets sans toutefois se perdre dans trop de thèmes en même temps. L’artiste diversifie l’étendue de ses œuvres en créant ainsi  la possibilité d’atteindre plus facilement les passionnés d’art dans les divers sujets qui les touchent.

Sa technique de travail restant essentiellement la même d’une collection à l’autre, on peut facilement reconnaître son style dans l’ensemble de son travail et y sentir une continuité harmonieuse.

Sa collection Peuple Vert a vu le jour en 2009. Ici encore, un seul sujet prend toute l’importance de la toile, l’arbre. Un hommage à ce grand peuple vert qui se bat contre l’environnement que nous polluons. Elle le travaille seul sans paysage dans un contexte moderne où toutes les couleurs sont possibles. Jouant sur tous les formats pour lui donner corps, elle ajoute parfois aux toiles de grandes dimensions un ou deux personnage miniatures à l’ombre de l’arbre donnant à celui-ci l’impression d’être gigantesque dans ses proportions.

Sa collection Villes du Monde est nouvelle de 2010. Cette série de villes du monde lui donnera la liberté de creuser un peu dans chaque culture, de descendre dans le ‘’under world urbain’’ autant que de remonter le passé et ses traditions. L’artiste prévoit plusieurs voyages virtuels où elle se plongera dans la découverte d’une nouvelle ville à chaque tableau. Son coup de pinceau se fera guide touristique, souvenir d’un voyage ou bien peut-être aussi  fierté culturelle pour certain.

Sa collection de tauromachie fût le coup de départ pour l’artiste. Pendant des années elle fût fidèle qu’à un seul sujet. Les premiers pas de la bête se sont font sur la toile, saccadés, fougueux, prêt à se battre tout comme elle, pinceaux et truelles en main pour donner son spectacle. Ils l’ont accompagnée durant les douze dernières années. Pour connaître l’animal, sa silhouette, ses faiblesses et ses forces, elle l’imagine en silence, s’en imprègne mentalement, lui porte son respect. Ce qu’elle cherche à saisir dans son œuvre, c’est le mouvement qui suggère que l’animal est fort, qu’il est en train de séduire pour mieux attaquer.

La collection a évolué, passant du taureau au matador, touchant quelques fois aux danseuses de flamenco mais elle toutefois la corrida et l’Espagne sont toujours restée à la base de son inspiration. Elle peint des taureaux et continuera à les peindre pour la force qu’il s’en dégage et ce qu’ils réveillent en nous quand on leur fait face.

Pour une raison inconnue, le taureau a gagné son cœur à travers les années. L’artiste a trouvé sa place dans la corrida, au centre d’une arène, au pied d’un taureau, au son d’un froissement de cape qui l’a fait virevolter dans mille et une couleurs. Ce jeu entre l’homme et la bête lui ressemble comme l’artiste qui fait face à son propre talent.

Elle est à la fois le taureau qui se bat pour la liberté et le Matador maître de vie ou mort sur chaque passe qui le mènera à sa gloire ou bien à sa dernière heure.

Ces toiles sont un hommage à ces hommes et ces bêtes qui ont le courage d’avoir peur.

Elle se décrit comme  une peintre volcanique qui extériorise dans la spontanéité du moment toute l’énergie de sa personnalité qui ressemble étrangement au sujet même de ses toiles. Son travail est rapide et spontané, elle projette ses couleurs sur la toile, la soumet à ses caprices d’artiste pour mieux s’incliner face à l’œuvre au moment de sa finalité. Lydie Le Gall se dit instinctive. Cela se voit. Cela se ressent au premier coup d’œil. Ses œuvres en disent probablement plus long sur elle-même que l’artiste ne désire en dévoiler. La passion prend toute la place dans sa vie et c’est l’essentiel  même de l’art.

Ces artistes qui ont pour vocation de créer cultivent en eux la poésie du silence intérieur. L’esthétique, selon elle, est insaisissable autrement que par le sentiment né d’un tourbillon de nos cinq sens et la peinture est aussi, par analogie, l’empreinte d’une vision.

Équilibre délicat auquel participe le spectateur puisque sans son regard l’œuvre d’art n’existerait pas. Dans le labyrinthe du monde des formes, les peintres sont nos guides. Sans eux, nos regards seraient aveugles.

 


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