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Sharon Mark a commencé sa carriére professionnelle en 1990. Elle
fait partie du groupe des peintres naifs et la première à lui donner
une opportunité pour exposer fut madame Jeannine Blais de North
Hatley.
L’artiste dont nous visitons aujourd’hui l’atelier, a plusieurs
expositions de groupe à son actif qui remontent à cette periode.
Mais peu de temps après ses debuts, elle s’associe à la maison Multi
Art de Saint-Lambert, avec qui elle collabore depuis. En 2006, elle
a réalisé deux expositions en solo, l’une au Balcon d’Art et l’autre
à la Galerie du Parc, à Chelsea. Ses oeuvres sont très prisées du
grand public, avec ses scenes de campagne très détaillées.
De
descendance irlandaise, Sharon Mark est née dans la region de
Hemmingford à soixante kilomètres au sud de Montreal, juste à la
frontière du New York. C’est dans cette magnifique région propice a
l’inspiration qu’elle nourrit et développe sa passion. Lorsqu’elle
était enfant, elle observait sa grand-mère réaliser des tableaux qui
servaient a décorer la maison. Maintenant qu’elle est adulte, Sharon
a conservé plusieurs des créations de celle qui l’a inspirée. |
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Elles sont accrochées sur ses murs et ce qui frappe l’observateur,
c’est que le style de Sharon Mark ressemble à celui de son aïeule.
Ses oeuvres sont caractérisées par une quantité inouïe de coups de
pinceau très fins et très délicats. Mme Mark a évidemment dépassé le
talent limité de sa grand-mère depuis belle lurette, mais notre
visite chez elle nous permet de découvrir la source qui lui a permis
de débuter sa carrière d’autodidacte.
Bien qu’elle n’ait jamais étudié l’art, Sharon Mark en a toujours
fait. A force de persévérance et au fil des ans, elle a grandement
amélioré sa qualité graphique. Elle a épuré ses sujets, qui sont
moins détaillés qu’au début de sa carrière. Ceci résulte dans des
oeuvres qui respirent et ce qui se dégage de l’ensemble de la
composition a un aspect plus serein. Le dessin est également
beaucoup plus réaliste et la palette de couleurs plus riche. Sharon
Mark invente ses paysages de toutes pièces et ne copie pas les lieux
qui existent vraiment. En fait, elle ne travaille jamais sur le
motif, préférant s’en tenir au style qui l’a fait connaître. Parmi
ses artistes favoris, il ya a Grandma Moses et Maud Lewis.
Mais qu’est-ce qui fait donc que la peinture naîve de Sharon trouve
aussi facilement preneur? C’est en grande partie de soin apporté à
l’exécution du tableau, tout est finement détaillé. Pas une feuille,
pas une brique, pas une planche n’échappe à sa minutie. En fait,
elle utilise des pinceaux si fins que l’on pourrait pratiquement en
compter les poils. Certains peintres ont en quelques gestes finalisé
un tableau, mais Mme Mark est aux antipodes de cette façon de faire.
Le
temps et l’amour qu’elle accorde à sa tâche sont parmi les
ingrédients de sa réussite. La précision de la touche personnelle,
les compositions et le choix des sujets exercent aussi un attrait
certain. C’est cependent dans la vision intérieure de la vie de
Sharon Mark que tout se joue. Les sujets qu’elle peint sont tous
associés à une vision d’enfance idyllique. Des maisons, des granges,
des églises, des enfants qui jouent, des chats et des chiens, des
bonhommes de neige, des carrioles ou des grands-parents sont
joujours placés dans de vastes paysages champêtres très loin de
toute forme de pollution. On ressent vraiment un bien-être intérieur
en regardant ses toiles. Sharon devait vraiment s’amuser lorsqu’elle
était enfant et elle a le talent de partager ce plaisir avec nous.
Comme la plupart des artistes, elle peint principalement des scènes
d’hiver et d’automne et nous en montre beaucoup moins de l’été et du
printemps. Ceci s’explique assez facilement lorsque l’on est peintre
mais pour les lecteurs et lectrices qui ne mainent pas le pinceau,
voici pourquoi: l’été, le couleur dominante est le vert. C’est une
couleur très difficile à maîtriser pour afficher de la perspective
dans une composition. Imaginez seulement dessiner un arbre vert sur
un fond de montagnes vertes par opposition à un arbre à l’automne
qui éclate de couleur. Les éléments végétaux sont aussi plus faciles
à représenter sans feuillage, car leurs branches foncées se
découpent bien sur un fond de neige blanche. La majorité des
paysages que l’on voit en galerie sont présentés dans des décors
d’hiver.
Comme plusieurs styles de peinture, l’art naïf doit être apprivoisé
avant d’être compris. Cette forme d’expression n’est pas à la portée
de tous. Les plans sont mal définis, les proportions sont inexactes,
les perspectives sont illogiques, les coups de pinceau souvent mal
assurés, mais quand on regarde l’ensemble il se dégage quelque chose
de serein et d’harmonieux. En fait, la vision intérieur prime sur la
représentation graphique exacte. Il aura fallu beaucoup de temps
avant que ce courant ne s’impose comme un incontournable dans le
milieu officiel des galeries d’ici. En Europe et dans les pays de
l’Est ils ont depuis longtemps reconnu cette expression artistique.
Vous pouvez même visiter plusieurs musées spécialisés dans la
présentation de cette forme d’art. En France, le Douanier Rousseau a
été le plus connu des peintres de ce mouvement. Maintenant, avec les
Du Poirier, Kupesic, Hellers, Jost et les autres, on ne peut plus
ignorer ces artistes qui sont moins marginalisés qu’ils ne l’étaient
à leurs débuts sur le marché d’art canadien. De plus, la Galerie
Jeannine Blais nous a permis d’apprivoiser cette forme d’art depuis
les vingt dernières années.
Parmi tous les ateliers que j’ai visités, celui de Sharon Mark est
unique. Tout est bien rangé. Les tubes d’acrylique ne dégoulinent
pas, les guenilles sont disparues, les pots vides ne sont pas dans
le décor et l’on a beau chercher une tache de peinture quelque part,
on n’y arrive pas. Rien, rien, rien, du jamais vu! En fait, son
chevalet est dans un pièce qui est plus propre que le salon de
nombreuses maisons et en prime, il est installé sur un tapis de
marque. On est loin de la norme. Pour avoir visité plusieurs
ateliers dans lesquels tout semble à un cheveu du cataclysme,
j’avoue être un peu dépaysé. C’est que Madame Mark est méthodique,
minutieuse et hyperorganisée, exactement a l’image de ce qu’elle
nous offre en peinture.
Sharon Mark est une femme qui a mis ses mains d’adulte au service de
ses yeux d’enfant. Elle s’estime chanceuse de faire ce qu’elle aime
et de bien réussir. Elle produit une centaine de toiles par année de
différents formats et la majorité de sa production trouve preneur.
Le merveilleux monde dans lequel elle nous transporte fait
incontestablement naître des émotions chez l’observateur. C’est hors
de tout doute une peintre bien implantée dans le paysage canadien.
Robert Lafontaine, Magazin'art, Été 2007, no. 76
Sharon (Somerville)
Mark was born in 1955 and grew up in Hemmingford, in southwest
Quebec, where she still makes her home. She was interested in art
from a very early age, influenced by her maternal grandmother, Clara
Merlin, who painted landscapes in oils.
Sharon
got back into painting in the early 1980's following the birth of
her two girls. While they were napping, she found the time to draw
and paint in acrylics. A self-taught artist, Sharon was always
attracted to the landscape. She enjoys painting tranquil country
scenes, often with people and animals, in a naive style. She is
highly influenced by the area around where she lives, the farmlands,
apple orchards, old stone houses, historic barns, fields and
streams. Her close proximity to the Eastern Townships is evident as
well in her work. Visits to the Charlevoix and Maritimes have also
inspired her.
Her
paintings evoke a nostalgic emotion, and portray an innocent world
free of troubles and worries. She likes to paint happy, sunny scenes
with children at play.
Sharon's work also depicts a romantic view of family life, a time
where chores and responsibilities are shared with free time to
pursue one's hobbies and playtime.
Sharon
continues to be inspired by the countryside, with walks and car
trips around her area with her husband Dan. She prefers to work from
her home studio, especially in the long winter months.
Sharon
started showing her work locally in the 1980's and exhibiting in
galleries in 1992. Her paintings have been shown at Le Balcon d'art
in St-Lambert since then, and she has been represented by Multi Art
since the late 1990's. Her work appears in galleries across Canada.
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